Archives de septembre, 2013

Vous en avez entendu parler ? Ça se passe à Paris, au Salon Fantastique plus précisément, le 02 novembre prochain.

L’idée est plutôt sympa : réunir autour d’une table plus de 150 joueurs et 30 meujeus sur une partie Med-Fan ! Perso, je ne pourrai pas participer mais si vous y aller, n’hésitez pas à venir nous en parler !

Pour l’inscription, ça se passe. Pour le programme complet du Salon Fantastique, c’est ici.

 

 

qu’il faut cliquer.

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FNZ9

Vous avez entendu parler du projet Friday Night’s Zombi ?

Financé sur Ulule et en voie d’être à mon avis encore un excellent jeu pour cet automne, FNZ lance un concours pour tenter de gagner :

  • 1er prix : un exemplaire du livre Friday Night’s Zombi dont il est question … bon sang faut suivre hein …. Et une lithographie d’une des illustrations du livre.
  • 2ème prix : Un kit découverte (16 pages de bonheur zombiesque prêt à jouer… je ne vous en dis pas plus …)

Alors je vous invite à visiter la page du Grog de FNZ pour voir plus précisément de quoi ça parle et comment ça tourne (le système est alléchant non ?) et à tenter votre chance sur cette page ci. Vous pouvez bien sûr rejoindre la communauté à cet endroit là 😉

 

Oh et pour tester la version « light », allez voir de ce côté-ci  !

Comme promis, du matos Qin

Publié: 26/09/2013 dans Aides de Jeu
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Cartes Taos Qin

En effet, je vous avais promis il y a quelques jours des cartes similaires à celles des Manœuvres de Combat de Qin mais pour les Taos. Vous trouverez donc ici les cartes contenant les trois premiers niveaux des Taos (comme les joueurs ne peuvent pas prendre au delà du 3ème niveau à la création de personnage et que c’est aide de jeu est avant tout destinée aux joueurs débutants sur ce jeu…). L’idée étant de les aligner près de la feuille de perso pour pouvoir, d’un coup d’œil, voir quelles options s’offrent à nous grâce à ces fabuleux Taos.

Si jamais vous constatez des erreurs/omissions/corrections à apporter, n’hésitez surtout pas : c’est du bricolage qui a pour but d’aider d’autres meujeus/joueurs donc c’est toujours améliorable et c’est avant tout censé être utile et ludique.

De même, bien que le jeu commence à dater un peu, si vous souhaitez des aides de jeu particulières n’hésitez pas à vous faire connaître. Et si ça vous intéresse, je pourrai aussi mettre en ligne une sorte de compte rendu de la campagne que vont bientôt commencer à vivre mes joueurs (Tian Xia  mêlée de scénarii de ma création, de ceux d’autres suppléments Qin ou des Manuscrits de Linzi).

Les scénarii fait maison seront mis en ligne une fois joués seulement 😉 et si tout va comme prévu, du matériel Deathwatch devrait bientôt arriver !

Ludiquement vôtre 😉

Je sais ! Pas très parlant comme titre, mais pour l’instant je n’ai pas mieux !

Info pour les mateurs amateurs : un film Cthulhesque disponible en gratuitement sur youtube ça vous tente ? Bon, je ne sais pas ce qu’il vaut, je n’ai pas encore eu le temps de regarder (je viens tout juste d’avoir l’info ! ) et c’est en anglais, mais perso, je vais quand même me le faire dés que possible !

 

Ça se passe où ? Ici évidemment !

Tout n’est pas tout neuf, et les fureteurs auront peut-être déjà eu connaissance de ce qui va suivre, mais voici trois niouzes qui moi me font plaisir ! Et qui certainement feront moins celui de ma banquière…

Déjà, sur Polaris V3. Alors je précise qu’à ce jour je n’ai pas encore meujeuté sur ce jeu, je n’en suis qu’à la phase de lecture de règles. Mais quand je vois ce qui s’annonce…

Polaris 6 supp_KS_La totale_v1

Je me dis qu’il y a là une gamme suivie et qui risque de s’avérer prometteuse ! Il est vrai que n’ayant pas fini de lire les règles, je vois pour le moment plein de pistes à explorer mais je ne me rends pas encore compte de ce qui sera faisable ou non donc savoir que la gamme va s’étoffer fait non seulement mal au portefeuille, certes, mais laisse entrevoir de bonnes heures de lectures et de jeu pour l’avenir.

 

Deuxième news, qui là touche un autre de mes jeux préférés, l’annonce de l’arrivée prochaine de Deadlands Noir, sous les règles Savage Worlds. Alors je n’ai pas testé la version Reloaded qui tourne sous ce système, je suis un ancien de la 1ère édition. Mais ce sera peut-être là l’occasion de faire une folie de plus et d’emmener mon gang du côté de la Nouvelle Orléans dans les années 1930.

Certes me direz-vous, pourquoi faire ? Il existe déjà l’excellent Appel de Cthulhu dans le genre horrifique qui couvre cette période… C’est pas faux. Mais l’Appel, à ma table en tout cas, je ne le joue pas comme Deadlands ! Je me vois mal torturer mes Investigateurs dans une ambiance Deadlands en fait, c’est à dire, peut-être un peu moins sérieuse, moins oppressante, plus cynique et parfois non sans une trace d’humour.

Alors pourquoi pas ? Ce sera une très bonne occasion de tester le système Savage Worlds.

Et l’occasion d’ajouter une critique quand j’aurai craqué et lu l’objet du délit !

 

Et ce qui nous amène à la troisième niouze qui ne l’est peut-être pas non plus pour peu que vous fréquentiez les même forums que moi… Ça concerne maintenant l’univers de Warhammer 40K, et plus particulièrement Dark Heresy ! On entend parler de la V2 de cet excellent jeu (où pour une fois je ne suis, et c’est tant mieux, que joueur !) et FFG semble vraiment vouloir garder le meilleur de l’ancienne version en l’adaptant à ce qui s’est fait sur le reste de la gamme jdr 40K. Là, pas question d’incarner des Space Marines de la Deathwatch (un autre excellent jeu qui ne sera d’ailleurs pas tant suivi que ça en français vraisemblablement, ce qui m’attriste car même si son accueil a été plutôt mitigé, je pense qu’avec certains aménagements de règles il y a vraiment moyen de passer d’excellentes soirées sans se contenter de faire du nettoyage de hulk -je tâcherai d’ailleurs de vous proposer bientôt des aides de jeu sur DW ainsi qu’un scénario maison) mais belle et bien un psyker de l’Imperium, un Arbitrator ou encore un Inquisiteur et bien d’autres choses, si vous tenez le coup jusque là. Voici en tout cas un aperçu de la V2 Bêta.

Il va donc me falloir suggérer subtilement à mon meujeu Dark Heresy préféré de succomber lui aussi aux affres de la collectionite jdresque… o_O

Publié: 13/09/2013 dans Aides de Jeu
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Cartes Manoeuvres CaC2

Allez, première aide de jeu maison : les cartes de Manœuvres de Combat en Corps à Corps pour Qin.

Vos personnages ont peut-être plusieurs manœuvres de combat disponibles, et comme vous êtes un peu flemmards ou que vous n’avez pas le temps d’emprunter le livre de règles de votre Meujeu préféré, pour pouvoir voir d’un seul coup d’œil ce que vous pouvez tenter dans un combat pour le rendre encore plus spectaculaire, j’ai préparé un système de cartes à imprimer.

Vous pourrez ainsi facilement avoir accès à un résumé des manœuvres dont vous disposez sans avoir à recourir au livre du Meujeu ou au tas de feuilles de notes qui accompagne votre fiche et qui est généralement tout sauf facile à compulser ^^.

Si vous êtes sages, je vous mettrai à disposition la même chose pour les manœuvres de combat à distance et pour les Taos

Couv. Fragments d'Imaginaires

 

Pour les amateurs d’Heroïc Fantasy, d’Uchronie, voire de Steam Punk, de Fiction d’une manière plus générale, pour vous qui aimez lire des auteurs amateurs et qui l’êtes peut-être aussi, il existe un blog très agréable que je visite régulièrement et dont le nom est très évocateur : Fragment d’Imaginaires.

Vous trouverez là des textes d’amateurs qui participent à des concours organisés régulièrement et vous pourrez vous-même participer à l’élection du meilleur texte en les notant et  les commentant.

Ainsi, vous avez par exemple jusqu’au 30 septembre pour participer au Défi n°3 et tenter de gagner à votre tour le 1er prix.

Si comme moi vous souhaitez découvrir de nouveaux auteurs, ou si vous vous sentez vous-même l’âme d’un écrivain en devenir, si vous cherchez juste un peu d’inspiration pour votre prochain scénario, ou si vous souhaitez juste vous évader le temps d’une courte lecture, faites un tour sur les Fragments d’Imaginaires. Vous pourrez également suivre leur activité sur leur page Facebook.

Duel

Publié: 07/09/2013 dans Inspirations
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Rapiere

Il me fait face.

Son regard qu’on pourrait croire haineux ne reflète rien que le vide, masque impénétrable de son esprit que j’imagine torturé, sans doute à l’affût de la moindre de mes erreurs.
Les secondes défilent.
Un nuage s’écarte du chemin d’un rayon de soleil, laissant un apparaître un reflet sur ce visage aux traits tirés, à la peau parcheminée, et aussitôt s’abaisse son chapeau à larges bords.
Ses yeux retrouvent l’ombre qu’ils semblent tant chérir. Je n’ai que rarement eu l’occasion d’affronter tel bretteur. Ses gestes graciles sont précis, nulle fioriture dans ses attaques. Il ne laisse point de place à ces parades fantasques qu’affectionnent tant les courtisans. Il a l’efficacité de ces bretteurs rompus aux nécessités du champ de bataille, quand le seul temps qui compte est celui qui vous permettra de placer votre lame dans le corps de votre adversaire, dans ces instants où ce qui importe plus que tout est de rester le seul debout, et ce, le plus rapidement possible, pour affronter un nouvel adversaire.

Il revient en tierce.
Son corps se ramasse en avant, prêt à bondir. Sa ‘’main-gauche’’ en alerte, légèrement teintée de mon sang. Ma dernière feinte a tourné court, ma propre dague n’ayant réussi à pénétrer l’épaisse casaque de cuir de buffle qui protège son torse, alors que la sienne a profité de ma rapière parée de quinte pour m’ouvrir une estafilade au niveau de la clavicule.
J’ai préféré gagner en vitesse et en aise plutôt que porter moi-même un de ces lourds plastron, plus efficace sur un champ de bataille que pour un combat d’escarmouche dans cette étroite ruelle pavée.

Le velours panné de ma veste se fonce un peu plus à l’endroit de ma blessure au fur et à mesure de ce combat qui ne veut en finir.

Ce doit être comme moi un ancien militaire, peut-être est il lui aussi Maître d’armes… Mais cela ne résout pas pour autant mon problème. Il me faut agir, vite, ou périr. De cette angoisse qui naît en tout bretteur quand l’assaut s’étire, quand deux inconnus ont assez jaugé leur adversaire pour avoir une idée de sa valeur.

A quelques rues de là résonne un glas. Presque un autre monde, où le temps s’écoule différemment, un monde dont nous sommes presque étrangers, un monde pour lequel à l’instant présent aucun de nous n’existe réellement.

Mes pensées s’égarent. Il s’en aperçoit. Sûr de sa victoire prochaine, il me nargue, tente de me provoquer. Sa voix caverneuse plus que ses mots m’inquiète. Elle s’accorde à ses traits et son costume sombre et parsemé, me semble-t-il de la poussière de quelque tombeau, pour me rappeler ma première pensée lorsque je l’ai retrouvé sur les pavés glissants de la rue de la Miséricorde : cet homme est sorti de la tombe où je croyais l’avoir envoyé il y a quelques années.

Damnation !

Si cet inconnu est bien celui auquel je pense, alors je dois être damné. Pour l’avoir occis lors d’un précédent duel, il y a près de dix années, quand j’ai débuté dans ce triste métier de ‘’porte dague’’. L’assassinat, plus que l’armée, nourrit son homme, et n’est au final pas plus dangereux pour celui qui le pratique. Et sans en tirer plus d’honneur qu’au temps où je servais le Roi, j’y ai tout de même acquis une certaine réputation.

Il se rapproche.

Il pénètre cette zone dans laquelle je deviens dangereux pour lui, seul moyen à ce stade du combat de me pousser à l’erreur.
Passe arrière. Ma rapière s’abaisse en ligne basse tandis que ma dague rejoint la ligne haute. La douleur de ma blessure est moindre tant que je reste en quarte.
Je le laisse approcher d’un pas et j’appelle du pied, poursuivant mon action d’une menace au corps et d’une pointe. Comme prévu il pare de sa dague pour tenter un brisé avers au chef.
Mais avant que le coup ne porte j’ai le temps de faire une volte, tenant sa dague contre mon fort. Sa cuisse gauche est découverte. J’y plante ma propre dague, le blessant à son tour et m’écarte vivement.

Le voilà boiteux à présent, obligé de rester en garde à droite, dans une position assez ouverte. Comme il doit regretter de porter un plastron désormais… Je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire. Mais cela le laisse sans expression. Ses yeux n’ont pas même cillé quand je l’ai blessé.

Mons sourire s’efface aussitôt pour laisser place à une sueur froide qui me dresse les cheveux sur la nuque. A son tour de sourire.

Il pointe au chef de la rapière, puis au corps de sa dague, me forçant à reculer pour mieux parer, redouble de la dague et poursuit d’une volte que je ne puis qu’esquiver en me baissant. Et de nouveau il attaque, de la pointe de sa rapière il vise mon ventre. Plutôt que de parer, je préfère me fendre à gauche, et d’un brisé le blesser à la cheville droite.

Le coup me fait un peu plus saigner, mais la fin est proche. Pour lui comme pour moi, d’une manière ou d’une autre.

Il accuse cette nouvelle blessure et lance une série de bottes qui m’acculent au mur d’une maison, ne me permettant que d’ajouter quelques griffures à son plastron.
Pour la première fois depuis que cet assaut a commencé, il semble s’essouffler un peu, ce qui me redonne un peu plus de vigueur, malgré la douleur. Je le force à parer en croix haute et profite qu’il se découvre pour le repousser du pied. Puis à mon tour je lance une série d’attaques rapides, dans le seul but de profiter de son déséquilibre, et me placer à bonne distance.

Il ne me reste de choix que celui de tenter la botte que j’ai mise au point. Ma rapière décrit une courbe haute pour effectuer un briser au chef, mais au dernier moment je replie mon bras pour aussitôt le détendre à nouveau, d’estoc cette fois, évitant sa parade de quinte. Dans le même temps ma dague en position de prime, j’attends sa riposte de la main gauche, prêt à l’écarter de seconde. Un bretteur aussi agile que lui ne manquera pas de tenter de parer mon coup droit au visage mais je m’y suis préparé. Je réduis la distance qui nous sépare pour me plaquer contre lui, et volter aussi près de lui qu’il m’est possible, de manière à me retrouver dans son dos, pour enfin lui planter ma dague au creux des reins, à l’endroit où l’on ressert le plastron par des lacets.

Le coup porte.

Un éclair blanc m’éblouit. La douleur, fulgurante le suit : dans le temps de ma volte, ce bretteur doué m’a suivi, et sa dague est venue transpercer mon flanc droit, juste sous les côtes, en remontant.

Nous nous écroulons tout deux, face à face, jusque dans la mort qui ne saurait tarder à nous couvrir de son froid linceul.
Son chapeau gît à quelques pas de là. Je vois enfin son visage. C’est celui de mon premier contrat, revenu d’entre les morts pour s’offrir une revanche.
Je n’ai qu’un seul regret maintenant que je l’ai reconnu…

Celui d’avoir tenté la même botte que celle qui m’avait permis de l’occire la première fois, car il a eu le temps de réfléchir aux parades qui le vengerait.

Le Gardien

Publié: 07/09/2013 dans Inspirations
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Le Gardien

Le Gardien

Les brumes, lentement laissèrent place à la scène que je n’aurais voulu voir. Toutes les fibres de l’être au cœur magique que je suis se révulsèrent à sa vue. Les reflets moirés de ses amples vêtements attiraient mon œil et entraînaient mon esprit dans les tourbillons incontrôlés de l’inconscience. Il semblait flotter parmi les lambeaux brumeux qui dansaient lentement, d’une façon hypnotique.
Nulle magie ne pouvait préparer un être, aussi surnaturel qu’il fut, à une telle vision.
Les paroles d’Orphée me revenaient, se mélangeant aux souffles du vent qui tourbillonnait autour de nous, ses mises en gardes, ses supplications…
Lancelot lui-même, le Preux, a échoué dans cette épreuve. Et tant d’autres encore.

Le froid de son cœur ambré sourdait à travers le vide de son sourire, imprégnant les lieux, s’immiscent jusque à mon âme. Ses démons intérieurs s’insinuaient en moi, faisant naître les souvenirs d’un futur que je voulais fuir, me dévoilant un passé que j’avais oublié.

Pourtant je devais rester, je devais l’affronter. Peut être deviendrai-je un nouveau Tantale, peut-être l’histoire ne retiendrait pas même mon nom. A cet instant j’enviais Galaad, j’enviai sa pureté et son innocence. Mais lui n’aurait pas eu à l’affronter.

Mes erreurs allaient être jugées. Car c’était là plus une psychostasie qu’un véritable duel, encore que des maîtres comme Hermès ou Thot auraient pu en débattre durant des éons. Mon Ka allait être exposé à ces yeux inexistants, à cet être paradoxal qui sans cesse changeait, bougeait, mais restait fixe, toujours égal à lui-même.
Pensez à l’horreur que peut inspirer un tel être, qui est, et qui n’est pas, qui fut, et qui sera. Lumière et ombre réunies dans ce regard pénétrant. Quelle arme allait donc pouvoir m’aider à lutter contre ces angoisses qui naissaient en moi. Il était connaissance, alors que celles que j’avais accumulées au cours des siècles passés auprès de mes frères de Ka me paraissaient futiles et fades. Qui eût pourtant qualifié Merlin d’imbécile ?

Il me fallait réunir en moi tout le courage dont j’étais capable, toute la bravoure inspirée de mes prédécesseurs, et tout le savoir de mes pairs. Telles allaient être mes armes dans cet inévitable combat, inégal, et pourtant juste.

Alors je m’avançai, tremblant de tout mon être, obligé de lutter contre tout ce qu’il m’inspirait d’horrible, tous ces sentiments qu’il réveillait en moi.

Ainsi allait commencer l’éternel combat, celui que beaucoup avaient refusé.

Les filaments de brumes s’enroulaient autour de mes jambes, m’invitant à le rejoindre, comme si je ne devais plus retarder ce moment programmé par l’Eth, comme si lui-même était pressé de découvrir l’issue d’un combat qu’il avait réglé dans les moindres détails.

Alors je fis un pas. J’allais affronter le Gardien d’Agharta

Le Chaos Rampant

Le Chaos Rampant

Et le jour se fit nuit.
En l’espace de quelques instants, l’obscurité oppressante des sombres nuages, porteurs d’étranges miasmes venus d’un improbable ailleurs, occupa le ciel dont la pâle lueur avait fui.
Le roulement de tonnerre s’intensifia, voix des Autres Dieux jadis endormis aujourd’hui éveillés, car n’est pas mort ce qui à jamais dort, et en d’étranges éons peut mourir même la mort.
Le grondement de la voix des Autres Dieux emplit peu à peu le monde et, venu de dimensions qu’il vaut mieux pour sa santé mentale éviter d’imaginer, l’orage nauséabond envahit notre dimension, s’en impregnît, devint notre monde.

Tout alentour n’était que désolation, la terre tremblait de la colère des Anciens Dieux, jadis endormis en des temps qui ne connaissaient pas encore l’Homme, avant que celui-ci n’escalade les plus hautes montagnes.
Et comme le disaient les prophéties des Manuscrits Pnakotiques, conservés dans la lointaine Ulthar où une ancienne loi dit que nul homme ne doit jamais tuer de chat, ou dans les terribles Livres Occultes de Hsan, les Anciens Dieux, sortis de leur sommeil-prison, ont eu tout loisir de rêver aux supplices qu’ils allaient infliger à notre humanité en décrépitude.

Une malédiction pire encore que celle qui frappa en des temps oubliés Sarnath, au bord du sombre lac qui vit disparaître la glorieuse cité d’Ib aux habitants étranges, au pays de Mnar, allait s’abattre et apporter l’odieuse vengeance des Grands Anciens.

Le souffle violent et pestilentiel du vent émettait de répugnants sons identiques à ceux que produisent les flutes impies des marchands aux petits pieds et aux troublants turbans dissimulant d’atroces cornes que l’on voit commercer dans la riche Dylath-Leen et qui voguent sur de nauséabondes trirèmes manœuvrées par un équipage que l’on n’aperçoit jamais sur les océans troubles de notre monde et d’autres encore.
Ce vent aussi froid que celui des hauts plateaux de Leng l’Inaccessible apportait avec lui une pluie boueuse chargée de relents et de maladies nées sous d’autres étoiles que seuls de rares rêveurs ont pu approcher, ne revenant malheureusement jamais indemnes.

Du vaste monde connu il ne resta bientôt plus rien que ruines emplies de la puanteur de la décomposition et marais absurdes où sourdait déjà le bouillonnement de l’infâme vie que les Autres Dieux allaient enfanter.
La lumière du jour était remplacée par une clarté blafarde et angoissante dans laquelle des ombres ignobles de créatures au larges lèvres et aux yeux globuleux se déplaçaient en psalmodiant d’horribles phrases dans une langue aujourd’hui oubliée : « Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn » que le livre impie écrit dans le désert par l’Arabe Fou Abdul Al’Azred, le Necronomicon, traduit par « Dans sa demeure de R’lyeh, la ville morte, le Grand Cthulhu attend et rêve ».

Alors au milieu du déchaînement des éléments, surgit soudain Nyarlatotep, le Chaos Rampant, le Messager des Dieux.

Et tout ne faisait que commencer…

Le Shoggoth