Le messager des Dieux

Publié: 07/09/2013 dans Inspirations
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Le Chaos Rampant

Le Chaos Rampant

Et le jour se fit nuit.
En l’espace de quelques instants, l’obscurité oppressante des sombres nuages, porteurs d’étranges miasmes venus d’un improbable ailleurs, occupa le ciel dont la pâle lueur avait fui.
Le roulement de tonnerre s’intensifia, voix des Autres Dieux jadis endormis aujourd’hui éveillés, car n’est pas mort ce qui à jamais dort, et en d’étranges éons peut mourir même la mort.
Le grondement de la voix des Autres Dieux emplit peu à peu le monde et, venu de dimensions qu’il vaut mieux pour sa santé mentale éviter d’imaginer, l’orage nauséabond envahit notre dimension, s’en impregnît, devint notre monde.

Tout alentour n’était que désolation, la terre tremblait de la colère des Anciens Dieux, jadis endormis en des temps qui ne connaissaient pas encore l’Homme, avant que celui-ci n’escalade les plus hautes montagnes.
Et comme le disaient les prophéties des Manuscrits Pnakotiques, conservés dans la lointaine Ulthar où une ancienne loi dit que nul homme ne doit jamais tuer de chat, ou dans les terribles Livres Occultes de Hsan, les Anciens Dieux, sortis de leur sommeil-prison, ont eu tout loisir de rêver aux supplices qu’ils allaient infliger à notre humanité en décrépitude.

Une malédiction pire encore que celle qui frappa en des temps oubliés Sarnath, au bord du sombre lac qui vit disparaître la glorieuse cité d’Ib aux habitants étranges, au pays de Mnar, allait s’abattre et apporter l’odieuse vengeance des Grands Anciens.

Le souffle violent et pestilentiel du vent émettait de répugnants sons identiques à ceux que produisent les flutes impies des marchands aux petits pieds et aux troublants turbans dissimulant d’atroces cornes que l’on voit commercer dans la riche Dylath-Leen et qui voguent sur de nauséabondes trirèmes manœuvrées par un équipage que l’on n’aperçoit jamais sur les océans troubles de notre monde et d’autres encore.
Ce vent aussi froid que celui des hauts plateaux de Leng l’Inaccessible apportait avec lui une pluie boueuse chargée de relents et de maladies nées sous d’autres étoiles que seuls de rares rêveurs ont pu approcher, ne revenant malheureusement jamais indemnes.

Du vaste monde connu il ne resta bientôt plus rien que ruines emplies de la puanteur de la décomposition et marais absurdes où sourdait déjà le bouillonnement de l’infâme vie que les Autres Dieux allaient enfanter.
La lumière du jour était remplacée par une clarté blafarde et angoissante dans laquelle des ombres ignobles de créatures au larges lèvres et aux yeux globuleux se déplaçaient en psalmodiant d’horribles phrases dans une langue aujourd’hui oubliée : « Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn » que le livre impie écrit dans le désert par l’Arabe Fou Abdul Al’Azred, le Necronomicon, traduit par « Dans sa demeure de R’lyeh, la ville morte, le Grand Cthulhu attend et rêve ».

Alors au milieu du déchaînement des éléments, surgit soudain Nyarlatotep, le Chaos Rampant, le Messager des Dieux.

Et tout ne faisait que commencer…

Le Shoggoth

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