le Shoggoth découvre Barry Barrison et il vous en parle

Publié: 10/05/2015 dans Critiques et réflexions
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Barry Barrison et l'héritage de Tarford Castle, illustration de Sélène Meynier

Barry Barrison et l’héritage de Tarford Castle, illustration de Sélène Meynier

Voilà longtemps que le Shoggoth n’a pas trainé ses appendices sur le clavier pour vous livrer quelque réflexion. Je vais donc remédier à cela et profiter de la promesse donnée à un ami pour faire d’une pierre deux coups.

Ainsi, j’ai décidé de vous parler de « Barry Barrison et l’héritage de Tarford Castle » de monsieur Philippe Pinon.

Critiquer le texte d’un ami n’est jamais chose aisée. On se demande si on ne sera pas trop exigeant, ou à l’inverse si on ne donnera pas l’impression de passer la brosse à reluire. Philippe et moi nous sommes donc mis d’accord : je dois dire ce que je pense, que j’apprécie ou non. L’idéal étant comme dans toute critique, d’apporter un argumentaire (après tout, on a le droit de ne pas apprécier un texte).

C’est donc ce que je m’apprête à faire dans les lignes qui vont suivre. Suivez le Shoggoth.

L’objet tout d’abord : petit format (mais pas poche) à couverture souple de 230 pages environ, il est édité chez Rivière Blanche dans la collection Anticipation Fiction. La couverture réalisée par Sélène Meynier présente un lord anglais vêtu dans le style du très connu Sherlock Holmes. Il s’avance, comme s’il souhaitait sortir de la couverture, drapé de brume. A l’arrière-plan, on distingue la silhouette d’une bâtisse imposante dans la nuit. Sans doute s’agit-il de Tarford Castle.

Ma première impression au moment de la découverte de cette couverture est une furieuse envie de m’installer sur mon canapé avec une tasse d’un délicieux Earl Grey. C’est plutôt bon signe, mais j’ai appris à me méfier de la couverture d’un livre et il y a longtemps que je n’achète plus de livre en fonction de ce critère.

Vient ensuite le moment de mon rituel : j’ouvre le livre et fais rapidement défiler les pages. Je sens la texture du papier, apprécie sa couleur, hume cette odeur caractéristique qu’ont les livres neufs.

Ici, pas de surprise : pour avoir eu l’occasion de tenir plusieurs exemplaires de livres estampillés Rivière Blanche, la qualité est là. Pas d’odeur désagréable, de page mal coupée ou colée, la reliure ne s’abîme pas à la première ouverture.

Très vite, je tombe sur quelques vignettes issues d’une BD. Je me souviens que Philippe m’a expliqué qui était Barry Barrison, né sous le crayon de Luciano Bernasconi.

Reste à découvrir l’histoire. Ou plutôt LES histoires ! Car ce sont pas moins de quatre nouvelles qui vous attendent.

Pour éviter de dévoiler les intrigues, je n’entrerai évidemment pas dans le détail des enquêtes. Comme le dit la quatrième de couverture, Barrison est noble de naissance et il se sert de ses talents de déduction hors norme pour résoudre diverses enquêtes, comme son homologue cocaïnomane.

Autrement dit, on entre dans une catégorie de polar très particulière : le lecteur a ici en principe tous les indices récoltés pendant l’enquête et il est, en théorie, capable de démasquer l’assassin en même temps que le héros, quelques pages à peine avant la fin. Sauf qu’en générale, nous autres pauvres humains ou shoggoths n’y arrivons pas souvent. Sinon, je pense qu’on irait tous bosser pour le Yard.

Bref, un genre particulier donc, pour ses lecteurs, mais aussi pour l’écrivain. Il est en effet très difficile de bien écrire ce genre de texte et surtout de bien le conclure : il faut fournir les indices sans qu’ils ne dévoilent de dénouement mais celui-ci doit se faire en présence de tous les acteurs de l’intrigue, et surtout, il doit arracher au lecteur le fameux « bon sang mais c’est bien sûr ». Et il ne faut donc pas que la solution « tombe du ciel » avec une déduction tirée d’indices dont le lecteur n’a pas connaissance.

De ce côté-là, soyez rassurés, Philippe Pinon a parfaitement maîtrisé son sujet.

Alors, oui, je le dis comme je le pense, je ne brosse pas dans le sens du poil. J’ai tout simplement adoré chaque moment de ma lecture. Il arrive qu’avec ce genre littéraire, le style soit un peu ampoulé, que certaines longueurs emplissent plus de pages qu’elles n’apportent à l’histoire. Ici, rien de tout ça. Les personnages sont dotés de caractère et d’une personnalité propre, les dialogues bien menés.
Du côté des intrigues, j’ai eu l’immense plaisir de découvrir un clin d’œil à un auteur dont j’admire tout particulièrement la création (si vous ne voyez pas de qui je parle, regardez à nouveau mon pseudo). Cela ne suffit évidemment pas à rendre bon un livre à mes yeux, mais je reconnais que j’adore ça. Dans leur construction, les intrigues sont simples mais l’intérêt réside surtout dans l’enquête. Le déroulement est logique, encore une fois, pas de déduction improbable, et le dénouement vous tire bel et bien ce « Mais oui ! J’aurais dû m’en douter ! ».

Je ne donne pas de note, mais si je le devais, elle serait excellente. Et preuve que le texte est bon, je viens d’apprendre qu’il y a quelques jours à peine, Barry Barrison et l’héritage de Tarford Castle a été nominé au prestigieux Prix  Masterton  !

Pour un « jeune » auteur comme Philippe Pinon, c’est la marque d’un talent certain. De mon côté, je sais déjà que je le suivrai avec une grande attention.

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