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Après le Collège Impérial de Magie, je vous propose maintenant de découvrir un autre pan mythique de l’Empire du Dragon : l’Ordre des Gardiens Dorés, qui regroupe les plus vaillants et courageux paladins de l’Empire.

paladin_by_director_16-d5yymu8 deviantart.com

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deviantart.com

Ainsi, si un de vos joueurs s’interrogeait sur ce qu’est cet Ordre, comment il est organisé, quelles sont ses missions, et que vous ne saviez pas trop répondre, vous serez désormais incollables ! Ou vous pourrez juste vous inspirer de cette aide de jeu pour créer votre propre Ordre. Comme ma précédente aide de jeu, celle-ci sera certainement appelée à évoluer et s’étoffer. Plusieurs descriptions de PNJ, d’artefacts et des idées d’aventures liées à l’Ordre des Gardiens Dorés devraient y être ajoutées prochainement.

Des commentaires ? Des suggestions ? N’hésitez surtout pas ! Vous souhaiteriez que je vous propose une aide de jeu sur un point précis ? Dites toujours 😉

edit : le fichier a été mis à jour avec une nouvelle maquette entièrement réalisée par mon ami le Scriptorium Ludique. Si vous souhaitez lui transmettre vos félicitations, vous pouvez également le faire. Merci encore Tony !

Afin de fournir un peu de matière à mes joueurs pour la création de leurs personnages, j’ai commencé la rédaction de plusieurs descriptifs d’éléments de mon Empire du Dragon.

Parmi ceux-ci, le Collège Impérial de Magie d’Horizon.

Magic_academy_by_ZP_ZHANG

Magic_academy_by_ZP_ZHANG http://zp-zhang.deviantart.com/

C’est pour l’instant assez sommaire, et ce sera sans doute étoffé d’ici quelques temps, avec de nouveaux lieux, des PNJ, etc, mais si dans l’état ça peut vous inspirer, n’hésitez pas ! (si d’ailleurs quelqu’un connait une banque d’images libres de droits ou souhaite m’offrir quelques illustrations pour rendre un peu moins austère ce doc, je suis preneur ! ^^)

J’ai également dans les tuyaux une description d’un Ordre de Paladins du Grand Dragon Doré (avec quelques pistes d’intrigues que vous pourrez développer), et un petit truc sur les Gnomes dans l’Empire et plus particulièrement à Glitterhaegen (vu qu’un de mes PJ est un Palouf et que mon mage est justement un Gnome… ).

Toute remarque et/ou suggestion est comme d’habitude la bienvenue.

Donc restez attentifs !

Edit: une petite mise à jour avec la nouvelle maquette réalisée par l’excellent Scribe Ludique ! Merci à lui pour son travail une fois de plus remarquable.

Alors que les pré-commandes ont tout juste démarré en France (enVO) pour le Bestiaire du jeu 13ème Âge (édité chez nous par le 7ème Cercle et au USA par Pelgranne Press) et que l’écran en VF se fait toujours attendre, certains Meujeus se demandent ce que sera l’avenir de la gamme en français. La nouvelle version du célèbre Dragon approche à grands pas, et après le succès mitigé de DD4 (chez nous du moins), on peut se demander quel est l’intérêt de ce 13ème Âge.

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Je ne vais pas entrer dans le détail de ce que j’apprécie dans ce jeu, mais plutôt m’adresser à ceux qui le connaissent déjà, en particulier, vous, les Meujeus, en mal de matériel.

Si dans son pays d’origine le jeu mobilise une communauté active, ce n’est pas encore le cas en France (ni chez nos voisins francophones, je ne vous oublie pas les amis). Si vous êtes anglophones, je vous invite donc à rejoindre Vault of the 13th Age. Vous y trouverez de nouveaux talents/dons/sorts, quelques exemples de Particularités, de nouvelles Classes pour vos héros et j’en passe.

Vous pourrez aussi et surtout y découvrir toutes sortes d’aides de jeu, des scenarii et des cadres de campagne… bref, des trésors.

Sauf que si votre niveau d’anglais est plutôt moyen, ça ne va pas être franchement simple.

Ainsi, même si le mien est loin d’être excellent, j’ai pris la liberté de contacter Baz Stevens, le bloggeur américain qui a rédigé l’excellent « Knee Deep« . Le très sympathique Baz m’a donné son autorisation pour traduire son travail et le mettre à disposition gratuitement pour les Meujeus francophones.

Je vous propose donc « Jusqu’au cou… à Juskojnou« , un cadre d’aventures de palier « Aventurier » (niveaux 1-3) pour 13ème Âge, de Baz Stevens.

Attention, je suis loin de maîtriser la langue de Shakespeare et il est plus que probable que certains passages diffèrent légèrement de l’idée d’origine. J’espère ne pas avoir trop écorché le texte de Baz et réclame votre indulgence pour cette traduction juste pleine de bonne volonté à défaut de grande compétence. Si vous remarquez des erreurs, des fautes de frappe et autres, n’hésitez pas à me prévenir, je rectifierai en conséquence. De même, le texte n’a pour l’instant encore aucune illustration; celles d’origine seront ajoutées dans un avenir proche.

D’une façon générale, tout commentaire et critique constructive seront approuvés, alors… lisez, et surtout, JOUEZ 😉

Et je vous annonce dors et déjà que j’ai l’autorisation d’un autre auteur pour la traduction d’un scénario complet, donc signalez-vous si l’aventure vous intéresse.

 Edit: une petite mise à jour avec la nouvelle maquette réalisée par l’excellent Scribe Ludique ! Merci à lui pour son travail une fois de plus remarquable.

Comme beaucoup, j’ai découvert l’univers de Warhammer 40 000 il y a déjà plusieurs années grâce à un excellent jeu de plateau du nom de Space Crusade. Mes tribulations de rôlistes m’ont permis plusieurs fois de flirter avec cet univers mais il faut reconnaître que je n’ai jamais franchi le pas de plonger dans l’univers 40K et de ses figurines de manière assidue. Ainsi, j’ai goûté au plaisir de quelques parties au fil des ans, mais par manque de temps/d’argent/de place/de patience/de dextérité, je n’ai jamais osé m’investir plus que ça dans cet univers qui pourtant est riche et doté d’un suivi pour le moins énorme.

Puis j’ai eu l’occasion de découvrir Deathwatch, ses Space Marines, ses Xenos… Le crépitement des bolters résonnait déjà à mes oreilles, couvrant les encouragements hurlés par un sergent Blood Angel qui se ruait à l’assaut d’une horde de Xenos affamés et sanguinaires… Très vite, l’envie de devenir Meujeu dans cet univers m’a pris.

Mais là… léger moment de solitude ! Avec un background aussi énorme, tant de choses à savoir sur tellement de monde et dans tellement de directions… Alors certes, le Meujeu est le Dieu de sa table et il fait de l’Univers du jeu ce qu’il veut… Mais je pars du principe que si tellement de gens se sont donné la peine de produire quelque chose qui soit un minimum cohérent, je n’ai pas le droit de le dénaturer. Donc, une bonne affaire aidant, j’ai décidé de me pencher du côté des romans Warhammer 40K de manière plus poussée : certains me faisaient déjà de l’oeil depuis quelques années, mais là encore, je n’en avais jamais acheté.

Ce fut chose faite cet été.

 

Et voilà qu’aujourd’hui, je vais vous en parler. Cependant, je n’aborderai pas ici l’Omnibus Blood Angel, qui est le premier livre (bien qu’il en compte 2 et une nouvelle pour être précis) que j’ai lu dans l’univers 40K, mais les deux premiers tomes de la série sur le chapitre des Ultramarines de Graham McNeill.

 

Le premier s’appelle Nightbringer.

 

nightbringer-gde

 

Sans doute que pour ceux qui sont habitués à l’univers des figurines ça parlera tout de suite, mais votre serviteur ne s’y connaissant guère, je vous avoue que le nom ne m’a pas du tout mis sur la piste de ce que j’allais découvrir entre ces pages !

Tout d’abord, l’objet. Format poche, 343 pages (sans compter les pages de pubs en fin d’ouvrage), une couverture couleur qui présente une escouade d’Ultramarines en plein assaut… On se dit qu’on a un beau petit pavé qui nous promet de l’action !

Et là on en vient au contenu… De l’action, il va y en avoir en effet. Je dirais même qu’avant d’entamer la lecture du livre, j’étais plutôt du genre à avoir une petite préférence pour les Blood Angels, j’avais même limite du mal avec ces Ultramarines qui ne juraient QUE par le Codex Astartes rédigé par leur bon Primarque Roboute Guilliman. Ils avaient pour tout dire tout de ce parfait élève 1er de la classe et limite un peu fayot qu’on a tous connu à l’école… Du coup, vous comprendrez que j’avais de gros à priori…

Mais voilà, un de mes joueurs à Deathwatch voulait incarner un Ultramar’ alors si je voulais pouvoir donner à mon joueur quelques descriptions et anecdotes pour donner un peu plus de couleur et de consistance à mon univers, autant essayer de trouver de la matière dans ces romans…

Et j’avoue avoir été particulièrement agréablement surpris ! McNeill a réussi à rendre le Capitaine Uriel Ventris vraiment attachant et attrayant. L’aventure est très bien construite, l’intrigue, car il y en a une, est bien ficelée et les personnages, qu’il s’agisse des Spaces Marines, des Humains ou des autres, ont tous une personnalité, un caractère propre qui nous les rend attachants ou antipathique à souhait.

J’ai également beaucoup apprécié le style de McNeill. Fluide, efficace, les descriptions et les dialogues ne tournent pas en rond et l’ensemble prend vie au fur et à mesure de la lecture, sans fausse note. L’image que je me faisais du Space Marine, à savoir à la fois un soldat aguerri que la génétique a amélioré jusqu’à un point impensable pour nous autres simples humains, et des moines entièrement dévoués à la cause de l’Empire et de leur Chapitre, dont la rigueur n’a d’égal que leur foi envers les promesses de l’Empereur, a trouvé ici un écho des plus agréables. Ces ‘’machines de guerre’’ tout à leur fanatisme religieux sont bien rendus et petit plus, on découvre qu’il est possible de leur donner une personnalité, que malgré ce qu’ils sont et ce qu’ils représentent, ils ont eux aussi des doutes, des failles et sont, finalement, aussi et malgré tout, des humains.

Sans dévoiler l’intrigue et son déroulement (d’une part pour ne pas vous gâcher la lecture et d’autre part parce qu’une grande partie du roman servira dans un scénario que j’aurai adapté, donc si un de mes joueurs traîne par ici… vous comprenez), sachez que Uriel Ventris, récemment promu capitaine, est envoyé sur Pavonis pour mener une enquête : des troubles civils éclatent sur la planète et de récents raids Eldars n’arrangent rien.

Mais très vite, les événements vont se succéder et Ventris et ses hommes vont devoir se battre contre la montre pour détruire un ennemi aussi mystérieux que dangereux…

Au final donc, un roman qui se lit vite, un roman agréable et que je recommande aussi bien à ceux qui ne connaissent pas grand-chose à l’univers 40K qu’aux fans des Ultramar’ (s’ils ne l’ont pas déjà lu, il date un peu tout de même) ou aux Meujeu Deathwatch en mal d’inspiration.

Pour le trouver, rien de plus simple ! S’il n’est pas dans votre boutique JDR préférée (IRL ou en ligne), vous pouvez toujours le commander ou ici.

Vous l’avez lu vous ? Vous voulez partager vos impressions ? N’hésitez pas !

Duel

Publié: 07/09/2013 dans Inspirations
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Rapiere

Il me fait face.

Son regard qu’on pourrait croire haineux ne reflète rien que le vide, masque impénétrable de son esprit que j’imagine torturé, sans doute à l’affût de la moindre de mes erreurs.
Les secondes défilent.
Un nuage s’écarte du chemin d’un rayon de soleil, laissant un apparaître un reflet sur ce visage aux traits tirés, à la peau parcheminée, et aussitôt s’abaisse son chapeau à larges bords.
Ses yeux retrouvent l’ombre qu’ils semblent tant chérir. Je n’ai que rarement eu l’occasion d’affronter tel bretteur. Ses gestes graciles sont précis, nulle fioriture dans ses attaques. Il ne laisse point de place à ces parades fantasques qu’affectionnent tant les courtisans. Il a l’efficacité de ces bretteurs rompus aux nécessités du champ de bataille, quand le seul temps qui compte est celui qui vous permettra de placer votre lame dans le corps de votre adversaire, dans ces instants où ce qui importe plus que tout est de rester le seul debout, et ce, le plus rapidement possible, pour affronter un nouvel adversaire.

Il revient en tierce.
Son corps se ramasse en avant, prêt à bondir. Sa ‘’main-gauche’’ en alerte, légèrement teintée de mon sang. Ma dernière feinte a tourné court, ma propre dague n’ayant réussi à pénétrer l’épaisse casaque de cuir de buffle qui protège son torse, alors que la sienne a profité de ma rapière parée de quinte pour m’ouvrir une estafilade au niveau de la clavicule.
J’ai préféré gagner en vitesse et en aise plutôt que porter moi-même un de ces lourds plastron, plus efficace sur un champ de bataille que pour un combat d’escarmouche dans cette étroite ruelle pavée.

Le velours panné de ma veste se fonce un peu plus à l’endroit de ma blessure au fur et à mesure de ce combat qui ne veut en finir.

Ce doit être comme moi un ancien militaire, peut-être est il lui aussi Maître d’armes… Mais cela ne résout pas pour autant mon problème. Il me faut agir, vite, ou périr. De cette angoisse qui naît en tout bretteur quand l’assaut s’étire, quand deux inconnus ont assez jaugé leur adversaire pour avoir une idée de sa valeur.

A quelques rues de là résonne un glas. Presque un autre monde, où le temps s’écoule différemment, un monde dont nous sommes presque étrangers, un monde pour lequel à l’instant présent aucun de nous n’existe réellement.

Mes pensées s’égarent. Il s’en aperçoit. Sûr de sa victoire prochaine, il me nargue, tente de me provoquer. Sa voix caverneuse plus que ses mots m’inquiète. Elle s’accorde à ses traits et son costume sombre et parsemé, me semble-t-il de la poussière de quelque tombeau, pour me rappeler ma première pensée lorsque je l’ai retrouvé sur les pavés glissants de la rue de la Miséricorde : cet homme est sorti de la tombe où je croyais l’avoir envoyé il y a quelques années.

Damnation !

Si cet inconnu est bien celui auquel je pense, alors je dois être damné. Pour l’avoir occis lors d’un précédent duel, il y a près de dix années, quand j’ai débuté dans ce triste métier de ‘’porte dague’’. L’assassinat, plus que l’armée, nourrit son homme, et n’est au final pas plus dangereux pour celui qui le pratique. Et sans en tirer plus d’honneur qu’au temps où je servais le Roi, j’y ai tout de même acquis une certaine réputation.

Il se rapproche.

Il pénètre cette zone dans laquelle je deviens dangereux pour lui, seul moyen à ce stade du combat de me pousser à l’erreur.
Passe arrière. Ma rapière s’abaisse en ligne basse tandis que ma dague rejoint la ligne haute. La douleur de ma blessure est moindre tant que je reste en quarte.
Je le laisse approcher d’un pas et j’appelle du pied, poursuivant mon action d’une menace au corps et d’une pointe. Comme prévu il pare de sa dague pour tenter un brisé avers au chef.
Mais avant que le coup ne porte j’ai le temps de faire une volte, tenant sa dague contre mon fort. Sa cuisse gauche est découverte. J’y plante ma propre dague, le blessant à son tour et m’écarte vivement.

Le voilà boiteux à présent, obligé de rester en garde à droite, dans une position assez ouverte. Comme il doit regretter de porter un plastron désormais… Je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire. Mais cela le laisse sans expression. Ses yeux n’ont pas même cillé quand je l’ai blessé.

Mons sourire s’efface aussitôt pour laisser place à une sueur froide qui me dresse les cheveux sur la nuque. A son tour de sourire.

Il pointe au chef de la rapière, puis au corps de sa dague, me forçant à reculer pour mieux parer, redouble de la dague et poursuit d’une volte que je ne puis qu’esquiver en me baissant. Et de nouveau il attaque, de la pointe de sa rapière il vise mon ventre. Plutôt que de parer, je préfère me fendre à gauche, et d’un brisé le blesser à la cheville droite.

Le coup me fait un peu plus saigner, mais la fin est proche. Pour lui comme pour moi, d’une manière ou d’une autre.

Il accuse cette nouvelle blessure et lance une série de bottes qui m’acculent au mur d’une maison, ne me permettant que d’ajouter quelques griffures à son plastron.
Pour la première fois depuis que cet assaut a commencé, il semble s’essouffler un peu, ce qui me redonne un peu plus de vigueur, malgré la douleur. Je le force à parer en croix haute et profite qu’il se découvre pour le repousser du pied. Puis à mon tour je lance une série d’attaques rapides, dans le seul but de profiter de son déséquilibre, et me placer à bonne distance.

Il ne me reste de choix que celui de tenter la botte que j’ai mise au point. Ma rapière décrit une courbe haute pour effectuer un briser au chef, mais au dernier moment je replie mon bras pour aussitôt le détendre à nouveau, d’estoc cette fois, évitant sa parade de quinte. Dans le même temps ma dague en position de prime, j’attends sa riposte de la main gauche, prêt à l’écarter de seconde. Un bretteur aussi agile que lui ne manquera pas de tenter de parer mon coup droit au visage mais je m’y suis préparé. Je réduis la distance qui nous sépare pour me plaquer contre lui, et volter aussi près de lui qu’il m’est possible, de manière à me retrouver dans son dos, pour enfin lui planter ma dague au creux des reins, à l’endroit où l’on ressert le plastron par des lacets.

Le coup porte.

Un éclair blanc m’éblouit. La douleur, fulgurante le suit : dans le temps de ma volte, ce bretteur doué m’a suivi, et sa dague est venue transpercer mon flanc droit, juste sous les côtes, en remontant.

Nous nous écroulons tout deux, face à face, jusque dans la mort qui ne saurait tarder à nous couvrir de son froid linceul.
Son chapeau gît à quelques pas de là. Je vois enfin son visage. C’est celui de mon premier contrat, revenu d’entre les morts pour s’offrir une revanche.
Je n’ai qu’un seul regret maintenant que je l’ai reconnu…

Celui d’avoir tenté la même botte que celle qui m’avait permis de l’occire la première fois, car il a eu le temps de réfléchir aux parades qui le vengerait.

Le Gardien

Publié: 07/09/2013 dans Inspirations
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Le Gardien

Le Gardien

Les brumes, lentement laissèrent place à la scène que je n’aurais voulu voir. Toutes les fibres de l’être au cœur magique que je suis se révulsèrent à sa vue. Les reflets moirés de ses amples vêtements attiraient mon œil et entraînaient mon esprit dans les tourbillons incontrôlés de l’inconscience. Il semblait flotter parmi les lambeaux brumeux qui dansaient lentement, d’une façon hypnotique.
Nulle magie ne pouvait préparer un être, aussi surnaturel qu’il fut, à une telle vision.
Les paroles d’Orphée me revenaient, se mélangeant aux souffles du vent qui tourbillonnait autour de nous, ses mises en gardes, ses supplications…
Lancelot lui-même, le Preux, a échoué dans cette épreuve. Et tant d’autres encore.

Le froid de son cœur ambré sourdait à travers le vide de son sourire, imprégnant les lieux, s’immiscent jusque à mon âme. Ses démons intérieurs s’insinuaient en moi, faisant naître les souvenirs d’un futur que je voulais fuir, me dévoilant un passé que j’avais oublié.

Pourtant je devais rester, je devais l’affronter. Peut être deviendrai-je un nouveau Tantale, peut-être l’histoire ne retiendrait pas même mon nom. A cet instant j’enviais Galaad, j’enviai sa pureté et son innocence. Mais lui n’aurait pas eu à l’affronter.

Mes erreurs allaient être jugées. Car c’était là plus une psychostasie qu’un véritable duel, encore que des maîtres comme Hermès ou Thot auraient pu en débattre durant des éons. Mon Ka allait être exposé à ces yeux inexistants, à cet être paradoxal qui sans cesse changeait, bougeait, mais restait fixe, toujours égal à lui-même.
Pensez à l’horreur que peut inspirer un tel être, qui est, et qui n’est pas, qui fut, et qui sera. Lumière et ombre réunies dans ce regard pénétrant. Quelle arme allait donc pouvoir m’aider à lutter contre ces angoisses qui naissaient en moi. Il était connaissance, alors que celles que j’avais accumulées au cours des siècles passés auprès de mes frères de Ka me paraissaient futiles et fades. Qui eût pourtant qualifié Merlin d’imbécile ?

Il me fallait réunir en moi tout le courage dont j’étais capable, toute la bravoure inspirée de mes prédécesseurs, et tout le savoir de mes pairs. Telles allaient être mes armes dans cet inévitable combat, inégal, et pourtant juste.

Alors je m’avançai, tremblant de tout mon être, obligé de lutter contre tout ce qu’il m’inspirait d’horrible, tous ces sentiments qu’il réveillait en moi.

Ainsi allait commencer l’éternel combat, celui que beaucoup avaient refusé.

Les filaments de brumes s’enroulaient autour de mes jambes, m’invitant à le rejoindre, comme si je ne devais plus retarder ce moment programmé par l’Eth, comme si lui-même était pressé de découvrir l’issue d’un combat qu’il avait réglé dans les moindres détails.

Alors je fis un pas. J’allais affronter le Gardien d’Agharta

Le Chaos Rampant

Le Chaos Rampant

Et le jour se fit nuit.
En l’espace de quelques instants, l’obscurité oppressante des sombres nuages, porteurs d’étranges miasmes venus d’un improbable ailleurs, occupa le ciel dont la pâle lueur avait fui.
Le roulement de tonnerre s’intensifia, voix des Autres Dieux jadis endormis aujourd’hui éveillés, car n’est pas mort ce qui à jamais dort, et en d’étranges éons peut mourir même la mort.
Le grondement de la voix des Autres Dieux emplit peu à peu le monde et, venu de dimensions qu’il vaut mieux pour sa santé mentale éviter d’imaginer, l’orage nauséabond envahit notre dimension, s’en impregnît, devint notre monde.

Tout alentour n’était que désolation, la terre tremblait de la colère des Anciens Dieux, jadis endormis en des temps qui ne connaissaient pas encore l’Homme, avant que celui-ci n’escalade les plus hautes montagnes.
Et comme le disaient les prophéties des Manuscrits Pnakotiques, conservés dans la lointaine Ulthar où une ancienne loi dit que nul homme ne doit jamais tuer de chat, ou dans les terribles Livres Occultes de Hsan, les Anciens Dieux, sortis de leur sommeil-prison, ont eu tout loisir de rêver aux supplices qu’ils allaient infliger à notre humanité en décrépitude.

Une malédiction pire encore que celle qui frappa en des temps oubliés Sarnath, au bord du sombre lac qui vit disparaître la glorieuse cité d’Ib aux habitants étranges, au pays de Mnar, allait s’abattre et apporter l’odieuse vengeance des Grands Anciens.

Le souffle violent et pestilentiel du vent émettait de répugnants sons identiques à ceux que produisent les flutes impies des marchands aux petits pieds et aux troublants turbans dissimulant d’atroces cornes que l’on voit commercer dans la riche Dylath-Leen et qui voguent sur de nauséabondes trirèmes manœuvrées par un équipage que l’on n’aperçoit jamais sur les océans troubles de notre monde et d’autres encore.
Ce vent aussi froid que celui des hauts plateaux de Leng l’Inaccessible apportait avec lui une pluie boueuse chargée de relents et de maladies nées sous d’autres étoiles que seuls de rares rêveurs ont pu approcher, ne revenant malheureusement jamais indemnes.

Du vaste monde connu il ne resta bientôt plus rien que ruines emplies de la puanteur de la décomposition et marais absurdes où sourdait déjà le bouillonnement de l’infâme vie que les Autres Dieux allaient enfanter.
La lumière du jour était remplacée par une clarté blafarde et angoissante dans laquelle des ombres ignobles de créatures au larges lèvres et aux yeux globuleux se déplaçaient en psalmodiant d’horribles phrases dans une langue aujourd’hui oubliée : « Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn » que le livre impie écrit dans le désert par l’Arabe Fou Abdul Al’Azred, le Necronomicon, traduit par « Dans sa demeure de R’lyeh, la ville morte, le Grand Cthulhu attend et rêve ».

Alors au milieu du déchaînement des éléments, surgit soudain Nyarlatotep, le Chaos Rampant, le Messager des Dieux.

Et tout ne faisait que commencer…

Le Shoggoth